Les Meilleurs bonbons

Les meilleurs bonbons

Il était une fois, un petit garçon de six ans qui s’appelait Lou. La journée de l’année que Lou préférait entre toutes était le 31 octobre, le jour de Halloween. Plus encore que Noël et les sapins, plus encore que Pâques et les lapins ! Lou aimait Halloween parce qu’il était non seulement un amateur, mais bien un spécialiste des bonbons ! Il les connaissait tous ! Les petits, les gros, les colorés, ceux qui provoquaient les grimaces les plus drôles, ceux qui picotaient la langue et ceux qui fondaient dans la bouche, aussi doux que la mousse sur le dessus d’un chocolat chaud !

Lou connaissait aussi autre chose ! Du haut de ses six ans, il avait appris à repérer les maisons où les voisins donnaient le plus de bonbons… Avec son ami Thomas, il avait donc planifié son itinéraire en fonction des maisons les plus généreuses du quartier.

Le soir de Halloween était enfin arrivé, et Lou s’impatientait de troquer le léger costume de monstre-qui-ne-fait-même-pas-peur qu’il avait utilisé à l’école, pour le vrai : le super monstre ultime qui effrayait même les parents ! Il se disait que, si les adultes avaient suffisamment peur de lui, il lui donneraient plus de bonbons pour qu’il s’en aille au plus vite; logique, non ?

Accompagné de son grand frère, Lou et son meilleur ami Thomas partirent donc à la chasse aux bonbons. La pleine lune illuminait la route et les deux garçons soufflaient de la buée par leur bouche dans la fraîcheur de la nuit.

– Regarde Thomas, je souffle du feu ! s’exclama Lou, tout fier.

Le chemin que le garçon avait soigneusement dessiné sur une carte en carton, à grand renfort de crayons feutre lavables, les faisaient passer devant une vieille maison abandonnée. Personne n’aurait jamais osé mettre le pied sur le terrain de cette maison; elle était bien trop effrayante ! Les amis du quartier racontaient même qu’elle était hantée ! Aucune lumière ne venait jamais éclairer l’entrée, et les fenêtres du deuxième avaient l’air de deux yeux aveugles, espionnant ceux qui osaient regarder la maison d’un peu trop près.

Or, cette année, il y avait quelque chose de nouveau; une petite lueur éclairait l’une des fenêtres du rez-de-chaussée…

– Regarde Merlin ! dit Lou à son grand frère. Je crois qu’il y a quelqu’un !

Mais non, c’est impossible; personne ne vit là !

À force de palabres et d’argumentations enflammées, Lou obtint de son frère qu’il les laisse, Thomas et lui, aller frapper à la porte de l’inquiétante demeure. Ce n’était pas que les garçons n’avaient pas peur, au contraire; ils étaient terrifiés ! Cependant, leur désir de bonbons était si grand qu’il les avait rendus courageux, pour quelques minutes…

Voilà donc nos deux compères, le torse bombé mais les genoux flageolants, grimpant doucement les marches de bois, tout en essayant de ne pas faire trop de bruit, comme pour ne pas éveiller les fantômes… Cependant, une fois au balcon, ils durent se résoudre à frapper à la porte.

– Vas-y toi, dit Thomas.

– Non, toi ! répliqua Lou.

Ils continuèrent ainsi quelques secondes, jusqu’à ce qu’ils répondent à leur épineuse question par un très sérieux duel de roche-papier-ciseau. Lou sortit grand perdant dudit duel et, prenant son courage à deux mains, cogna finalement contre le carreau de la porte.

La porte s’ouvrit. Toute seule ! Les garçons entendirent une voix :

– Entrez, entrez ! Je viens !

Lou et Thomas se regardèrent, inquiets; ils n’avaient pas le droit d’entrer dans les maisons… Mais l’attrait du trésor sucré parlait fort, et puis Merlin les surveillaient depuis le trottoir : que risquaient-ils ? Ils pénétrèrent donc dans la maison.

Il faisait très sombre dans le hall. Il y avait des toiles d’araignées partout, et des taches d’humidité sur les murs. Ça sentait le moisi, comme dans le grenier de grand-papa Edmond… Rien de très rassurant ! Pourtant, Lou pouvait entendre des rires et de la musique qui provenaient d’une autre pièce. On aurait dit qu’une fête avait lieu ! N’apercevant pas leur hôte, les deux petits curieux se faufilèrent vers la cuisine. Ils virent là plein de personnes déguisées, en train de faire la fête ! Leurs costumes étaient les plus beaux – ou les plus laids ! – et les mieux réalisés qu’ils aient vu de toute leur vie ! Il y avait des monstres de toutes les couleurs, avec trois yeux, ou des tentacules qui bougeaient, des vampires qui buvaient dans des coupes en étain, des fantômes qui avaient presque l’air transparents ! Et tout se beau monde fêtait joyeusement, tout en se goinfrant de friandises !

Soudain, un des monstres les vit.

– Bonsoir mes amis ! Joyeuse Halloween ! s’exclama-t-il.

– Euh… firent les garçons, peu rassurés. Des bonbons ou un sort…

Les monstres se mirent à rire comme si c’était la chose la plus drôle du monde ! Une sorcière s’approcha en ricanant, fort amusée :

– Voilà un sort pour vous, mes jolis !

Et elle fit apparaître une ribambelle d’araignées qui dansaient le French Cancan en se tenant pas la main… enfin, par la patte ! Leur première frayeur passée, les deux amis durent admettre que les araignées étaient plutôt rigolotes ! Ensuite, une fille vampire s’approcha d’eux et se métamorphosa en chauve-souris ! Elle était mignonne cette bestiole, avec ses boucles roses sur la tête !

Lou et Thomas commençaient à comprendre que les déguisements de toutes ces personnes n’en étaient pas, et qu’ils étaient tombés dans un véritable repaire de monstre, la maison la plus hantée du monde ! Mais les monstres avaient l’air si drôles et si gentils que les garçons n’avaient plus peur du tout !

– Arrêtez mes amis ! s’écria enfin le premier monstre, celui qui leur avait dit d’entrer. Ces garçons ne veulent pas de vos trucs et de vos sorts ! Ils veulent des bonbons !

Les gamins approuvèrent vivement de la tête. Le monstre, qui n’avait qu’un seul œil mais quatre bras, s’approcha finalement d’eux et, comme par magie, fit apparaître des montagnes de bonbons dans ses quatre mains immenses ! Et ce n’était pas de la camelote, foi de Lou ! C’était le top du top de la meilleure sélection de bonbons du monde ! Il y avait même des chocolats et des caramels ! Ce qu’ils allaient se régaler !

– Merci, monsieur le monstre ! s’écrièrent les deux garçons en cœur. Joyeuse Halloween !

Sur ce, ils s’en retournèrent par où ils étaient venus et sortirent de la maison hantée, leurs sacs débordants de bonbons magiques !

– Ce que c’était long ! se plaignit Merlin. J’espère que ça valait la peine, au moins !

Lou et Thomas se firent un clin d’œil complice.

– Allez, on continue !

Le trio poursuivit sa route, suivant l’itinéraire de Lou. Mais à partir de cette année-là, Lou s’assura de toujours repasser par la maison hantée, dire bonjour à ses amis les monstres et se régaler de leurs délicieux bonbons magiques !

FIN

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